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Emploi au Luxembourg : les démarches pour les ressortissants de pays tiers
Pour un salarié ressortissant d’un pays tiers, l’embauche commence auprès de l’ADEM et s’achève, après l’arrivée, par la carte de séjour luxembourgeoise.
Par Léa Hoffmann · · 5 min de lecture

Pour travailler et résider au Luxembourg plus de trois mois en tant que salarié non-UE, il faut en règle générale obtenir une autorisation temporaire de séjour avant le voyage, puis demander un titre de séjour après l’arrivée. L’offre d’emploi ne suffit pas à elle seule. Dans la voie ordinaire, l’employeur ouvre d’abord la procédure auprès de l’ADEM ; le visa de type D, lui, ne concerne que les nationalités soumises à cette obligation de visa et ne tient pas lieu de permis de travail.
Dans l’usage, on parle volontiers de « permis unique ». Il s’agit en réalité d’un titre de séjour biométrique pour salarié qui emporte aussi le droit de travailler.
À qui s’adresse la procédure de salarié ?
Elle vise le ressortissant de pays tiers, c’est-à-dire une personne qui n’est citoyenne ni d’un État membre de l’Union européenne, ni de l’Islande, du Liechtenstein, de la Norvège ou de la Suisse, et qui entend résider au Luxembourg pour y être salariée. La procédure officielle applicable aux salariés couvre aussi la personne déjà en séjour régulier au Luxembourg, qui n’y a pas encore travaillé et souhaite désormais prendre un emploi.
- Les citoyens de l’UE, de l’EEE ou de Suisse ne relèvent pas de cette voie, pas davantage que les titulaires d’un titre luxembourgeois valable leur donnant déjà le droit de travailler sans restriction.
- Un ressortissant de pays tiers titulaire au Luxembourg d’un titre de séjour « membre de famille » bénéficie d’un libre accès au marché du travail : il ne demande pas de permis de travail au préalable.
- Une personne résidant légalement dans un autre État de l’UE, de l’EEE ou en Suisse, qui continue d’y vivre tout en travaillant au Luxembourg, doit emprunter la procédure distincte de permis de travail frontalier, et non demander un titre de séjour luxembourgeois.
Il faut également lire avec attention la rubrique des observations d’un titre déjà détenu avant de changer de poste, de profession ou de secteur. Le premier titre ordinaire de salarié est limité à une profession et à un secteur ; un changement peut requérir l’accord ministériel.
L’ADEM, puis l’autorisation avant le départ
La première démarche appartient à l’employeur. Il déclare le poste vacant à l’ADEM et sollicite le certificat lui permettant de recruter un ressortissant de pays tiers. Selon la procédure en vigueur, l’offre demeure active durant deux mois, sauf retrait ou prolongation ; la demande de certificat peut être formulée lors de la déclaration ou pendant toute la validité de l’offre. Pour un métier inscrit sur la liste des professions en très forte pénurie, l’ADEM délivre le certificat dans les cinq jours suivant la demande. Dans les autres cas, elle dispose de sept jours ouvrables pour vérifier la disponibilité de demandeurs d’emploi inscrits avant de pouvoir, le cas échéant, le délivrer.
Le contrat doit être conforme au droit luxembourgeois, daté et signé par les deux parties. Il peut prévoir que la prise de fonctions est conditionnée à l’obtention de l’autorisation. L’employeur remet l’original du certificat au candidat, qui adresse depuis son pays d’origine ou de résidence légale une demande écrite d’autorisation temporaire de séjour à la Direction générale de l’immigration. Il ne faut pas venir au Luxembourg pour déposer ce dossier : une demande introduite depuis le territoire est irrecevable, sauf cas limités, notamment pour certaines personnes déjà titulaires d’un titre de séjour luxembourgeois.
- La copie intégrale d’un passeport en cours de validité ;
- Un extrait de casier judiciaire ou une déclaration sous serment du pays de résidence ;
- Un CV, ainsi que les diplômes ou qualifications professionnelles ;
- Le contrat de travail signé et l’original du certificat ADEM ;
- Une procuration, si le dossier est déposé par un mandataire.
Tout document qui n’est ni en allemand, ni en français, ni en anglais doit être accompagné d’une traduction officielle effectuée par un traducteur assermenté. Pour la voie ordinaire, le délai maximal de réponse est de quatre mois ; l’absence de réponse au terme de ce délai vaut refus. En cas d’accord, l’autorisation temporaire est valable 90 jours.
Après l’arrivée, la carte prend le relais
Lorsque la nationalité l’exige, le demandeur sollicite un visa de type D après avoir reçu l’autorisation temporaire et avant de voyager. Ce visa est valable au maximum trois mois. Une fois arrivé, il effectue sa déclaration d’arrivée auprès de sa commune dans les trois jours, passe l’examen médical pour étrangers dès que possible et dépose sa demande de titre de séjour dans les trois mois suivant l’entrée sur le territoire.
Le dossier de carte comprend le passeport, l’autorisation temporaire, la déclaration d’arrivée, la preuve d’un logement approprié et la preuve du paiement de la taxe de délivrance de 80 EUR.
« La copie de la déclaration d’arrivée et l’autorisation de séjour font toutes deux office de permis de travail et d’autorisation de séjour jusqu’à la délivrance du titre de séjour. » — Guichet.lu, portail de l’administration publique luxembourgeoise
Le premier titre ordinaire est valable un an au maximum. Son premier renouvellement peut atteindre trois ans et ouvre alors l’accès à tout secteur et à toute profession. Pendant toute la durée du contrat, l’employeur doit vérifier et conserver une copie de l’autorisation ou du titre ; il doit aussi notifier par écrit à l’Immigration le début du travail dans les trois jours ouvrables.
La carte bleue, une voie distincte pour les qualifiés
La carte bleue européenne s’adresse aux travailleurs hautement qualifiés ressortissants de pays tiers. En 2026, elle suppose un contrat d’au moins six mois, des qualifications professionnelles supérieures pertinentes et un salaire annuel brut d’au moins 65 652 EUR. L’employeur déclare toujours l’offre à l’ADEM, mais il n’y a ni test du marché du travail ni certificat ADEM à obtenir.
La succession des démarches, avant le départ puis après l’arrivée, demeure comparable. Le délai maximal de réponse pour l’autorisation temporaire associée à la carte bleue est de trois mois. La première carte vaut quatre ans, ou la durée du contrat augmentée de trois mois si celui-ci est plus court. Le titulaire d’une carte bleue délivrée par un autre État membre peut se déplacer au Luxembourg après l’avoir détenue pendant 12 mois ; il doit demander une nouvelle carte bleue luxembourgeoise dans le mois suivant son entrée et acquitter 80 EUR.
L’erreur la plus évitable consiste à confondre offre d’emploi, visa de court séjour ou titre étranger avec une autorisation immédiate de travailler au Luxembourg. Un titre d’un autre pays de l’UE ne transfère pas automatiquement ce droit. Dans la procédure ordinaire, la prudence commande donc de respecter l’ordre des actes : autorisation temporaire, déclaration communale d’arrivée, puis carte de séjour.
Questions fréquentes
- Faut-il un visa D pour travailler au Luxembourg ?
- Seulement si la nationalité du demandeur est soumise à l’obligation de visa. Le visa D intervient après l’autorisation temporaire de séjour et ne remplace pas le droit au travail.
- Quel est le délai de réponse pour l’autorisation temporaire de séjour ?
- La procédure ordinaire prévoit un délai maximal de quatre mois ; sans réponse à son terme, la demande est réputée refusée. Pour la carte bleue européenne, le délai maximal est de trois mois.
- Un titulaire d’un titre « membre de famille » doit-il demander un permis de travail ?
- Non. Le ressortissant de pays tiers titulaire au Luxembourg d’un titre de séjour « membre de famille » a libre accès au marché du travail.
Sources(6)
- 1Conditions of residence for third-country salaried workers in LuxembourgGuichet.lu / Government of Luxembourg · guichet.public.lu
- 2Hiring of a third-country nationalADEM · adem.public.lu
- 3Salaried work for third-country highly qualified workers (EU Blue Card)Guichet.lu / Government of Luxembourg · guichet.public.lu
- 4Staying and working in Luxembourg for more than 90 days as a holder of the EU Blue Card issued by another Member StateGuichet.lu / Government of Luxembourg · guichet.public.lu
- 5Being employed or self-employed as a third-country national family member of a third-country nationalGuichet.lu / Government of Luxembourg · guichet.public.lu
- 6Working in Luxembourg as a third-country national and cross-border workerGuichet.lu / Government of Luxembourg · guichet.public.lu



