Affaire Jubillar

Delphine Jubillar : son mari aurait reconnu le meurtre par écrit, à trois mois du procès en appel

Condamné en octobre 2025, Cédric Jubillar aurait reconnu par courrier avoir tué son épouse, après plus de cinq ans de dénégations. Une lettre qui indiquerait aussi où chercher le corps.

Par Léa Hoffmann · · 4 min de lecture

Le palais de justice de Toulouse, en brique rose et pierre, siège de la cour d'assises d'appel de la Haute-Garonne.
Le palais de justice de Toulouse, siège de la cour d'assises d'appel de la Haute-Garonne, où s'ouvre le 21 septembre 2026 le procès en appel de Cédric Jubillar. Image d'illustration générée par intelligence artificielle. Illustration générée par IA — Status

C'est un revirement dont l'affaire Jubillar semblait ne jamais devoir accoucher. Après plus de cinq années de dénégations, Cédric Jubillar aurait reconnu par écrit avoir tué son épouse Delphine, dans une lettre manuscrite adressée à son avocat. L'information, révélée lundi 6 juillet 2026 par le conseil lui-même, bouleverse l'un des faits divers les plus scrutés de France depuis la disparition de la jeune femme, à l'hiver 2020.

C'est à La Dépêche du Midi que Pierre Debuisson, avocat toulousain qui assure désormais la défense de l'accusé en appel, a livré la teneur de ce document. Reprise dans la journée par franceinfo, France 3 Occitanie et CNews, la révélation a la sécheresse d'un aveu longtemps attendu.

Il m'a remis un écrit détaillé en formulant des aveux de culpabilité.

Selon le récit qu'en fait l'avocat, il ne s'agit pas d'un mot laconique mais d'un texte circonstancié, confirmé ensuite au fil de plusieurs échanges entre les deux hommes. Surtout, la lettre comporterait des indications sur l'endroit où pourrait se trouver le corps de Delphine — jamais retrouvé à ce jour, absence qui hante le dossier depuis son ouverture.

Cinq ans à clamer son innocence

Delphine Jubillar, née Aussaguel, avait 33 ans. Infirmière, mère de deux enfants, elle s'est volatilisée dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020, depuis le domicile familial de Cagnac-les-Mines, ancienne commune minière du Tarn. C'est son mari qui donne l'alerte, expliquant aux enquêteurs qu'elle serait sortie sans jamais revenir. Les battues menées dans la campagne environnante ne donnent rien.

Plaquiste-peintre de profession, Cédric Jubillar est interpellé le 16 juin 2021 et mis en examen pour meurtre. Pendant plus de cinq ans, il n'a cessé de nier toute implication, maintenant ses dénégations en détention, à l'audience, puis après sa condamnation. Les magistrats ont bâti l'accusation en l'absence des éléments qui, d'ordinaire, arriment un dossier criminel : ni corps, ni arme, ni scène de crime avérée.

Une condamnation sans dépouille

Le premier procès s'ouvre devant la cour d'assises du Tarn, à Albi, le 22 septembre 2025, et se tient sur quatre semaines. L'essentiel repose sur un faisceau d'indices, des témoignages, et sur le principe cardinal de la justice française : l'intime conviction, cette certitude intérieure que jurés et magistrats doivent forger à partir des débats, faute d'une preuve matérielle irréfutable.

Le 17 octobre 2025, la cour déclare Cédric Jubillar coupable de meurtre et le condamne à trente ans de réclusion criminelle, conformément aux réquisitions. La défense annonce immédiatement faire appel. Du côté des proches de la victime, le soulagement est immédiat. Mourad Battikh, avocat de membres de la famille de Delphine, salue alors la décision.

« C'est une victoire pour toutes les parties civiles. »

Jusqu'à cette semaine, l'accusé n'avait jamais dévié de sa version. Si elle se confirme, la confession écrite transformerait un dossier gagné par la seule force du raisonnement en une affaire scellée par les mots mêmes de l'accusé.

Ce que ces aveux changent pour l'appel

Le calendrier interpelle. La lettre affleure à un peu plus de deux mois et demi du procès en appel. En droit français, l'appel d'un verdict d'assises n'est pas une révision de la première décision, mais un procès entièrement rejugé devant une autre cour, avec un nouveau jury qui réexamine l'ensemble des faits. La condamnation prononcée à Albi est suspendue jusqu'à l'issue de ce second procès.

Celui-ci doit s'ouvrir le 21 septembre 2026 devant la cour d'assises d'appel de la Haute-Garonne, à Toulouse, et devrait durer environ quatre semaines, soit une durée comparable à celle des débats d'Albi. Pierre Debuisson, qui a repris la défense pour l'appel, indique que la lettre lui est parvenue quelques semaines avant qu'il n'accepte formellement le dossier.

Plusieurs incertitudes pèsent désormais sur la procédure :

  • la possibilité, pour les enquêteurs, de localiser la dépouille de Delphine à partir des indications que Cédric Jubillar aurait fournies ;
  • le poids que le jury d'appel accordera à des aveux couchés sur le papier, formulés hors de tout prétoire ;
  • la stratégie que retiendra la défense lors d'un procès où son client aurait, selon son propre avocat, reconnu le meurtre.

À ce stade, les développements reposent sur les seules déclarations de l'avocat de l'accusé à la presse : le contenu de la lettre n'a pas été rendu public et aucune nouvelle décision judiciaire n'a été annoncée. Ni les enquêteurs ni le parquet de Toulouse n'avaient fait état, à l'heure où ces lignes sont écrites, de recherches relancées.

Depuis près de six ans, l'affaire tient en haleine le public francophone — en France comme au-delà, jusqu'aux lecteurs de langue française du Luxembourg. Des aveux, venus après si longtemps et alors que le corps demeure introuvable, constituent le tournant le plus abrupt d'un récit qui, à chaque étape, avait résisté à son dénouement.

Questions fréquentes

Qu'a reconnu Cédric Jubillar dans sa lettre ?
Selon son avocat Pierre Debuisson, il a remis un écrit détaillé formulant des aveux de culpabilité dans le meurtre de son épouse Delphine. Le document indiquerait aussi où pourrait se trouver le corps, mais son contenu exact n'a pas été rendu public.
Ces aveux annulent-ils le procès en appel ?
Non. En droit français, l'appel d'un verdict d'assises est un procès entièrement rejugé devant une autre cour, avec un nouveau jury. Il s'ouvre le 21 septembre 2026 à Toulouse et devrait durer environ quatre semaines ; la condamnation d'Albi est suspendue jusqu'à son issue.
Le corps de Delphine Jubillar a-t-il été retrouvé ?
Non. Disparue dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020 à Cagnac-les-Mines, elle n'a jamais été retrouvée. Les aveux évoqués contiendraient des indications sur la localisation du corps, mais aucune recherche relancée n'avait été annoncée à ce jour.
Sources(9)
  1. 1Cédric Jubillar a reconnu dans un courrier le meurtre de son épouse Delphine Aussaguel, annonce l'un de ses avocatsfranceinfo · franceinfo.fr
  2. 2Incroyable rebondissement dans l'affaire Delphine Jubillar : Cédric Jubillar serait passé aux aveux, selon La Dépêche du MidiFrance 3 Occitanie / franceinfo · france3-regions.franceinfo.fr
  3. 3Affaire Jubillar : Cédric Jubillar reconnaît le meurtre de son épouse DelphineCNews · cnews.fr
  4. 4Affaire Jubillar : on connaît la date du procès en appelCNews · cnews.fr
  5. 5Justice : le procès en appel de Cédric Jubillar débutera à partir du 21 septembre 2026 à ToulouseCent Pour Cent · centpourcent.com
  6. 6Murder of Delphine JubillarWikipedia · en.wikipedia.org
  7. 7Cédric Jubillar Sentenced to 30 Years for Wife Delphine's Murder in Tarn CourtFrance in English · franceinenglish.com
  8. 8Understanding France's 'intime conviction' in the Cédric Jubillar murder trialThe Connexion · connexionfrance.com
  9. 9Me Mourad Battikh : « C'est une victoire pour toutes les parties civiles »Dailymotion · dailymotion.com

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